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Mouhamed Diagne : le leader que Ngaye Méckhé a formé sans le savoir, ou la ténacité érigée en méthode

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Il y a huit ans, un jeune homme quittait Ngaye Mékhé avec un baccalauréat et une conviction : que l’excellence était une dette contractée envers les siens. Au lycée Cheikh Mourade Ndao, il avait déjà révélé une nature singulière — celle d’un homme qui choisit ses combats avec soin. Capitaine de l’équipe d’art oratoire, il avait boycotté l’examen blanc pour rejoindre la grève de ses camarades, avant de finir premier de son centre lorsque l’épreuve fut reprogrammée. Un détail qui dit tout d’un caractère.

L’université allait lui offrir sa première épreuve de fond. Orienté en géographie — son quatrième choix, alors qu’il ambitionnait les sciences politiques — Mouhamed Diagne ne plie pas. Il accepte l’affectation, mais refuse de s’y résoudre. Depuis la chambre 90 du pavillon A de la cité universitaire, le même pavillon qu’ont occupé les deux derniers présidents du Sénégal, il s’inscrit en parallèle à l’Institut de Management, finançant cette formation sur sa demi-bourse de vingt-cinq mille francs.

Cinq ans plus tard, il obtient deux masters simultanément : l’un en géographie option climatologie à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’autre en science politique option management public à l’école Dakar Science Po, du Centre des Études Diplomatiques et Stratégiques.

C’est également en 2018, alors encore étudiant, qu’il pose les premières pierres d’un engagement plus vaste. Élu premier président du Collectif des Étudiants de Mékhé, il engage sa structure dans un dialogue avec les multinationales implantées dans sa région, dont Eramet, anciennement GCO.

La même année, sur le campus de l’UCAD, il commence à vendre des chaussures en cuir fabriquées à Mékhé. Ce commerce, qu’il serait réducteur de qualifier d’opportuniste, débouche sur le lancement de UNIQUE, première marque de maroquinerie pensée pour les étudiants des universités publiques sénégalaises — une initiative qui lui vaut la fonction de secrétaire général du Réseau des Étudiants Entrepreneurs du Sénégal.

De cette expérience naît une conviction entrepreneuriale structurée. Il co-fonde Jangaat Center, un centre de formation destiné à combler le fossé persistant entre les curricula académiques et les exigences réelles du marché du travail, en accompagnant étudiants et jeunes professionnels vers des compétences directement mobilisables.

Son parcours nourrit également une œuvre écrite. En 2022, il publie Afroklima, essai consacré aux enjeux climatiques du continent africain. Deux ans plus tard, aux Éditions Artiges, paraît Un si long mémoire, jamais soutenu, son premier roman. Le classement Favikon le désigne aujourd’hui comme le premier influenceur sénégalais dans la niche éducation sur LinkedIn — une audience qu’il mobilise avec la même rigueur qu’il applique à ses autres engagements.

Car c’est sur le terrain de la diplomatie climatique que Mouhamed Diagne entend peser durablement. Membre des Jeunes Diplomates Africains, fondateur du think tank Afroklima Framework et initiateur de AFROKLIMAG — le premier magazine endogène porté par des étudiants sur le changement climatique en Afrique de l’Ouest — il œuvre, dans le cadre de son pré-doctorat, au sein du cabinet Green Projects Partners, à connecter les États de la région aux mécanismes de financement climatique multilatéraux : Fonds Vert pour le Climat, Fonds d’Adaptation, FRPD, GEF et fonds bilatéraux.

« La volonté est la plus belle arme de la jeunesse africaine, dit-il. Qu’importe les défis — c’est le moment d’une nouvelle génération, celle qui porte en elle leadership et compétence. » Une formule qui, au regard de son parcours, sonne moins comme un slogan que comme un compte rendu.

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