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Vers une Banque Verte au Sénégal : une réponse aux enjeux climatiques et économiques

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Face aux défis croissants du changement climatique et aux besoins de financements pour une transition écologique, la mise en place d’une Banque Verte au Sénégal apparaît comme une nécessité incontournable. Cette institution jouerait un rôle pivot pour mobiliser les ressources financières, promouvoir des projets durables et renforcer la résilience économique et environnementale du pays.

Les projections climatiques et économiques pour le Sénégal dressent un tableau préoccupant, nécessitant des réponses structurées et ambitieuses. Le Rapport National sur le Climat et le Développement Durable (2024) de la Banque mondiale révèle des défis critiques :
• Croissance et inégalités : malgré une croissance rapide, la réduction de la pauvreté reste lente. En cas de choc économique, 55 % des ménages risquent de sombrer dans la pauvreté, exposant davantage de populations vulnérables.
• Impact climatique : les pertes économiques pourraient représenter entre 3 % et 4 % du PIB annuel dès 2030, atteignant 9,4 % du PIB d’ici 2050 en l’absence de mesures d’adaptation. Plus de 2 millions de Sénégalaisrisquent de basculer dans la pauvreté d’ici 2050.
• Menaces côtières : 75 % des zones côtières sont menacées par l’érosion, avec une augmentation prévue de 20 % à 30 % de la population exposée aux inondations côtières à Dakar d’ici 2050.

Ces constats appellent à des solutions innovantes et inclusives pour renforcer la résilience et promouvoir une croissance durable.

Une Banque Verte au Sénégal pourrait être une plateforme clé pour financer des projets verts et circulaires. Elle s’inscrirait dans les efforts nationaux pour transformer les défis climatiques en opportunités économiques et sociales.

  1. L’économie verte : une opportunité pour la résilience
    L’économie verte offre des perspectives inédites pour stimuler la résilience et la croissance durable. Avec un financement adapté, le Sénégal pourrait exploiter ces opportunités pour :
    • Accélérer la transition énergétique : en exploitant le potentiel solaire et en remplaçant les énergies fossiles coûteuses, le pays pourrait éviter jusqu’à 20 millions de tonnes de CO₂/an d’ici 2050.
    • Renforcer l’agriculture durable : avec des pratiques climato-intelligentes, ce secteur pourrait créer 155 000 emplois dans l’agriculture, l’aquaculture et la foresterie.
    • Promouvoir la construction durable : en phase avec les orientations du nouveau ministère de l’Urbanisme, la construction durable jouerait un rôle déterminant dans l’adoption de bâtiments éco-énergétiques et l’utilisation de matériaux locaux comme la terre crue.
  2. L’économie circulaire : une gestion durable des ressources
    L’économie circulaire propose des solutions intégrées pour réduire les déchets et maximiser la réutilisation des ressources. À travers la Banque Verte, le Sénégal pourrait :
    • Favoriser le recyclage et la valorisation des déchets : transformer les déchets plastiques en matériaux de construction et produire du biogaz à partir des déchets organiques.
    • Développer des infrastructures résilientes : investir dans des projets tels que les transports publics électriques et les systèmes de gestion durable de l’eau, qui représentent 91 % des financements nécessaires pour 2031–2050.

Les besoins de financement pour les décennies à venir sont colossaux, mais ils offrent un potentiel de transformation économique et sociale. D’après le rapport de la Banque mondiale, le Sénégal devra mobiliser :
• 8,2 milliards USD (2025–2030), soit 4,5 % du PIB cumulé, pour des projets axés sur la sécurité hydrique et les transports urbains durables.
• 10,6 milliards USD (2031–2050), représentant 2 % du PIB cumulé, avec une priorité pour l’eau, les transports et l’énergie.

Exemples internationaux : des modèles inspirants
Plusieurs pays ont déjà démontré l’efficacité des Banques Vertes pour stimuler la transition écologique.
• En Australie, la Clean Energy Finance Corporation (CEFC) a mobilisé 10,8 milliards de dollars australiens depuis 2012, générant un effet de levier de 242 % sur les investissements privés.
• Au Rwanda, le Fonds Vert pour l’Environnement (FONERWA) a financé des projets communautaires et d’infrastructure durable, avec un fort impact sur la résilience climatique.
Ces exemples montrent qu’une Banque Verte peut être un levier décisif pour attirer des financements internationaux et catalyser des investissements locaux.

La création d’une Banque Verte offrirait au Sénégal une opportunité unique de financer des solutions intégrées pour répondre aux défis climatiques et économiques. En alignant ses actions sur les recommandations du Rapport Climat et Développement (2024), cette institution pourrait accélérer la transition écologique, promouvoir l’économie circulaire et positionner le Sénégal comme un leader régional en finance climatique.
Ce projet représente une réponse essentielle à l’urgence climatique et un moteur de transformation pour une croissance durable, inclusive et résiliente.

Mamadou Dieng, ingénieur polytechnicien

Diplômé en Finances et en Gestion de Projets

Expert Certifié EDGE

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