LEAD SEN

AD

Portrait Youssouf SAKHO, l’ingénieur des grands chemins

0
Share

Il appartient à cette génération de bâtisseurs dont le parcours force le respect, tant par la rigueur intellectuelle que par la profondeur de l’engagement public. Youssouf Sakho, ingénieur polytechnicien formé à l’École Polytechnique de Thiès, fait partie de ces hommes qui ont laissé une empreinte durable sur les infrastructures du Sénégal et bien au-delà de ses frontières.

Dès 1982, fraîchement diplômé de la 5ᵉ promotion de Génie Civil, il choisit la voie de l’exigence technique. Son appétit de savoir le conduit en France, à l’Institut National Polytechnique de Lorraine, où il obtient un DEA en Génie Géologique et Minier, option géotechnique, à l’École Nationale Supérieure de Géologie de Nancy. Ce socle scientifique, solide et rare à l’époque, forgera la vision de toute sa carrière : la conviction que la qualité des infrastructures repose d’abord sur la maîtrise des sols, de la science et de la méthode.

Curieux de tout, avide de perfectionnement, il poursuit des formations de haut niveau à travers le monde : en République de Corée, au Korean Institute of Construction Technology ; au Canada, au Centre des Grands Projets de Montréal ; puis en Belgique, au Centre de Recherches Routières de Bruxelles. Autant de lieux où se construit l’excellence internationale en matière d’ingénierie et où Sakho aiguise encore son expertise.

Sa carrière professionnelle, elle, ressemble à un manuel vivant de l’administration technique sénégalaise. Entré comme Conseiller technique à la Direction des Travaux Publics en 1983, il gravit les échelons avec la constance de ceux qui ne transigent pas avec la compétence. Chef de la Subdivision des Études Routières au CEREEQ, puis Chef de la Division régionale des Travaux publics à Louga avant d’être muté à Ziguinchor, il apprend le terrain, la réalité des chantiers, la gestion des hommes et la complexité d’un territoire à équiper.

Il devient ensuite Directeur des Travaux Publics du Sénégal, un poste stratégique où se décident les grandes orientations du pays en matière d’infrastructures. Sa rigueur et son sens du devoir public le propulsent vers de nouvelles responsabilités :
il prendra successivement la direction de deux des institutions les plus structurantes du secteur, l’Agence de Développement Municipal (ADM) et l’Agence Autonome des Travaux Routiers (AATR), devenue aujourd’hui AGEROUTE. Une double expérience déterminante, au cœur de la transformation des routes, voiries et infrastructures urbaines du Sénégal.

Homme d’État autant qu’homme de terrain, Youssouf Sakho accède ensuite au rang de Ministre de l’Équipement et des Transports. À ce poste, il incarne la continuité de l’ingénieur devenu décideur, capable d’articuler vision politique et pragmatisme technique. Le Président de la République lui confiera par la suite un rôle clé : celui de Ministre Conseiller spécial chargé des Infrastructures du NEPAD, preuve de la confiance placée en son expertise à l’échelle continentale.

Infatigable, il poursuivra son parcours en tant que Directeur général de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP), une institution exigeante où il faut allier technicité, intégrité et finesse institutionnelle. Parallèlement, entre 1989 et 1995, il transmettra son savoir à la Polytechnique de Thiès, formant plusieurs générations d’ingénieurs sénégalais.

Depuis plus d’une décennie, Youssouf Sakho poursuit son engagement sur la scène internationale. Consultant de haut niveau pour la Banque mondiale et diverses organisations, il met son expertise au service de pays qui cherchent à structurer, réformer ou sécuriser leurs marchés d’infrastructures. Il est également Administrateur du Cabinet Africain d’Expertise et de Conseil (CAFEC – Labo BTP) depuis 2011, contribuant à l’essor d’un pôle africain d’ingénierie et de contrôle technique.

Il y a chez Youssouf Sakho une élégance intellectuelle, une humilité discrète qui contraste avec l’ampleur de son parcours. À travers les fonctions qu’il a occupées, les institutions qu’il a dirigées, les projets qu’il a structurés, il reste profondément attaché à son premier amour : la science au service de l’intérêt public.

Un ingénieur, un gestionnaire, un pédagogue, un serviteur de l’État.
Un homme qui a vu le Sénégal se construire… et qui, souvent, l’a construit de ses propres mains.

LeadSen

LeadersSénégalais

Articles similaires :
Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *